Afin de poursuivre les travaux entamés en juin 2018, un deuxième atelier valorisation a réuni les chargés ou référents valorisation des MSH le 28 novembre dernier.

Treize MSH étaient représentées à cette occasion (MAE, MSH Lyon - St. Etienne, MSH- Sud, MESHS, MSHS Poitiers, MSH Ang-Guépin, MSHE, MSH Paris Nord, MSH Sud-Est, MMSH, MSH Paris-Saclay, MSH Lorraine, MSH Dijon).

La démarche consiste à partir des pratiques concrètes des Maisons des Sciences de l’Homme en termes de valorisation de résultats de la recherche, afin de partager les expériences, diffuser des « success stories » et permettre de s’enrichir à travers des échanges réciproques sur des sujets d’intérêt collectif.

Le premier sujet, traité pendant la matinée par trois groupes en parallèle avant une restitution commune, concernait les attentes que les partenaires des MSH, internes ou externes, peuvent avoir en termes de valorisation de la recherche en SHS ainsi que la question de savoir comment une telle forme de valorisation, spécifique aux SHS, peut être évaluée. Les interlocuteurs des MSH pris en considération étaient les tutelles et les financeurs des MSH, les partenaires économiques, sociaux et culturels, les collectifs de chercheurs et les collectifs intra-MSH. Nous avons donc posé la question suivante : « Qu’est-ce que chacun de ces acteurs attend de la valorisation en SHS effectuée par les MSH ? ». Cet article résume les apports des différentes discussions de l’atelier.

Les tutelles et les financeurs des MSH ont surtout des attentes au sujet de la visibilité des Maisons et des activités de médiation scientifique qu’elles sont en mesure d’impulser ; ils attendent aussi des projets interdisciplinaires et intersectoriels, le développement du lien avec le territoire dans lequel les Maisons sont implantées, afin de mettre en place des débouchés et des actions concrètes comme la construction de parcours de formation professionnelle ou des programmes de recherche co-portés par les chercheurs et les acteurs locaux (principe de recherche-action ou de co-construction).

Les partenaires socio-économiques ainsi que culturels attendent des MSH de l’expertise dans leurs domaines de compétence, selon un principe de caution scientifique : ils ont l’assurance de retrouver dans les MSH un travail de qualité. La relation avec les mondes socio-économique et culturel doit encore être pleinement développée au sein des différentes MSH, néanmoins elle est déjà visible dans certaines collaborations, comme celle de la MSH Ange Guépin avec Le Lieu Unique nantais, lieu emblématique pour les conférences à destination du grand public où également certaines conférences de la MSH ont lieu. De nombreux projets dont la MSH Paris-Nord est porteuse sont également conduits en collaboration avec les collectivités territoriales : par exemple pour le projet d’ « Observatoire Ruptures Jeunesses et Remédiations » avec la mairie de Grigny et le Comité National de liaison des acteurs de la prévention spécialisée.

Selon les participants à l’atelier valorisation du RNMSH, les SHS ne sont pas dans une culture du résultat valorisable à tout prix, les démonstrations de prototypes sont aussi plus difficiles à produire dans ce domaine par rapport aux sciences dures, néanmoins il est nécessaire de faire un effort pour ouvrir la culture de la valorisation en SHS au-delà de la publication et du colloque scientifique, afin de pouvoir s’adresser à un public plus vaste que celui des spécialistes académiques.

C’est exactement pour cela qu’il est nécessaire de donner de la visibilité concrète aux projets, comme par exemple un projet en archéologie sonore porté par la MSH Lyon-St Etienne permettant la reconstitution des sons de la ville de Paris au 18e siècle.

Un autre acteur des MSH a été identifié dans le « collectif » intra MSH, c’est-à-dire tout le personnel travaillant au sein d’une Maison : ce collectif a une attente de visibilité pour sa structure, dans le souci d’informer et d’accompagner les chercheurs dans différents aspects (développer des outils pour protéger leur recherche ; créer des liens avec les services des tutelles ; détecter des projets valorisables ; demander des moyens pour valoriser leurs résultats). Le personnel des MSH spécialisé en valorisation de la recherche et en médiation scientifique est en mesure de maîtriser la prise de risques liée aux différentes activités dont ils sont en charge, tout en permettant aux chercheurs de continuer à se dédier à leurs missions scientifiques prioritaires.

Les chercheurs demandent enfin de l’accompagnement : dans le montage de projets pour la recherche de financements, dans l’édition, dans le domaine du numérique. Ils seraient également intéressés à bénéficier d’un budget incitatif spécifiquement dédié à la valorisation de la recherche en SHS via les MSH. Cela commence à être possible pour certaines parmi eux, comme par exemple la MESHS, qui a mis à point deux prix pour la valorisation (junior et senior).

L’après-midi de l’atelier valorisation a été ensuite dédié à la discussion des pratiques communes, et en particulier à deux projets qui sont au cœur des discussions inter-MSH : la réalisation des annuaires /répertoires de compétences et le développement de programmes de recherche participative ou recherche-action, impliquant, comme nous venons de le définir plus haut, la construction d’un projet de recherche avec les acteurs du territoire. Ces deux sujets feront l’objet d’un article sur le site internet du RnMSH en 2019.