Temps, identité et faits historiques : colloque annuel de la MAE

Mercredi 7 juin 2017

La Maison Archéologie & Ethnographie organise son 14e colloque annuel,« La composition du temps ? Prédictions, événements, narrations historiques », sous la direction de Chloé Andrieu (ArchAm) et Sophie Houdart (Lesc), qui se tiendra les 7, 8 et 9 juin à l’Université de Paris Nanterre.

Le débat convergera sur le livre de Naomi Oreskes et Erik Conway, L’effondrement de la civilisation occidentale. Un texte venu du futur (Ed. Les Liens qui Libèrent, 2014), où les auteures imaginent un historien qui, à l’occasion de la commémoration de la fin de la Culture occidentale, écrirait, depuis 2093, « sur un passé qui est notre présent et notre avenir (possible) ». Prophétie de malheur ou entreprise de conjuration, l’ouvrage repose sur l’idée que ce qui nous est contemporain est au moins autant lié à l’histoire dont nous héritons qu’aux projets que nous formulons et aux états du monde que nous anticipons.

Il s’agira de réfléchir sur ce qu’une société considère comme un changement d’état, comme une rupture aux conséquences importantes. Un événement pouvant se définir comme un bouleversement par rapport à un état antérieur, à tout le moins comme un marqueur temporel impliquant une certaine radicalité et une certaine soudaineté, nous proposons de travailler sur la durée, le rythme et l’agencement des faits entre eux à plusieurs échelles d’analyse.

Plusieurs thèmes de grande actualité animeront le débat : de quelle nature et de quelle qualité sont les discours qui rendent possibles les processus de reconstruction des identités ? Quels sont les usages politiques des récits historiques ? Quels sont les outils de leur officialisation ?

Enfin, de manière plus réflexive, il s’agira de s’interroger sur les façons dont historiens, archéologues, anthropologues agencent temps long et temps événementiel. Le temps long donnant l’impression de toujours gagner sur l’événement, quels sont les critères au moyen desquels un fait est considéré comme une rupture ou un marqueur ? Comment narre-t-on l’Histoire ? Et quels sont les ressorts spéculatifs des récits que nous produisons ?

A ces questions tenteront de répondre de grands expertes en la matière comme : Philippe Lanos, Romain Loriol, Didier Debaise, Charlotte Arnauld et beaucoup d’autres.