Appels à projet

MSH Dijon - En Mongolie avec l’équipe ROSAS

Mardi 6 avril 2021

Rosa Rosa Rosam… ROSAS ! Loin d’être un substantif latin, le projet ROSAS tire son acronyme de "Régularité dans l’Organisation des Structures Archéologiques et des Symboles gravés". Il nous emmène dans la steppe de Mongolie, à la découverte de monuments funéraires et cultuels des populations nomades de l’âge de Bronze. Le projet vise à constituer une base de données d’images de gravures et des plans de structures archéologiques.

ROSAS fut lauréat de l’appel interdisciplinaire du RnMSH 2018-1019 et est incubé à la MSH Dijon. Porté par Fabrice Monna, (enseignant-chercheur, ARTéHIS, université de Bourgogne Franche-Comté), il s’attache à étudier les 1200 « pierres à cerfs » et les milliers de khirigsuurs situés dans la province de l’Arkhangai en Mongolie. Les « pierres à cerfs » sont des stèles qui doivent leur nom aux représentations de cervidés dont elles sont ornées. Les khirigsuurs quant à eux, sont des structures funéraires entourées d’un enclos circulaire ou quadrangulaire. Le corpus ainsi constitué par l'équipe comprend aussi d’autres monuments funéraires, regroupés en nécropoles, ce qui forme un total de plus de 800 structures archéologiques.

L’originalité du projet ROSAS est de les étudier non pas comme des objets singuliers, mais de les considérer dans leur ensemble, comme une population. Cette approche est très novatrice et se rapproche d’une méthode utilisée en écologie.

L’objectif de cette démarche est de comprendre les régularités et significations qu’elles révèlent : quels sont les codes qui organisent les motifs sur les stèles ? Leur taille est-elle indexée sur une unité de mesure ? Y a-t-il des règles qui cadrent la forme et l’implantation d’un khirigsuur ?

Pour répondre à ces questions, l’équipe a utilisé les méthodes de l’intelligence artificielle et a adapté la technique de computer vision aux structures archéologiques. Celle-ci permet de mettre en valeur les gravures des stèles, grâce à l’application d’un ombrage artificiel.

Et ROSAS ne s’arrête pas en si bon chemin. L’équipe a développé une application mobile qui, par le truchement de la réalité virtuelle, nous transporte au cœur de la steppe mongole, au beau milieu des stèles et khirigsuurs. De quoi prolonger le voyage.

 

Autres acteurs majeurs de ce projet : Tanguy Rolland (ARTéHIS, Université de Bourgogne), dont la constitution du corpus d’images fait partie du projet de thèse et Jérôme Magail (Musée d'Anthropologie Préhistorique de Monaco), responsable de la mission conjointe Monaco-Mongolie.

 

 

Actualité rédigée par Alice Detelder